Le Paradoxe autour de la recherche dans les universités sénégalaises

Le Paradoxe autour de la recherche dans les universités sénégalaises

Il est important de rappeler que l’enseignement supérieur sénégalais a été, depuis plusieurs décennies, considéré comme un enseignement de qualité au niveau international, et un modèle pour beaucoup de pays de la sous région. Cela s’explique par plusieurs facteurs: d’abord, la qualité de l’enseignement au niveau des universités, ensuite la formation des chercheurs et la participation des universités au développement de la société. Toutefois, cette forte ardeur, qui caractérisait l’université sénégalaise, semble prendre du recul ou perdre son envol.

Cependant, même si des efforts sont en train d’être mis en place par les autorités compétentes pour améliorer la qualité de l’enseignement et les conditions de vie des enseignants-chercheurs ou même des étudiants, force est de constater qu’il manque beaucoup de choses, surtout pour ce qui concerne la recherche. Celle-ci n’est plus la vocation première des étudiants et les enseignants font plus de consultance que de recherche.

Cette situation tient et s’explique par le manque d’appui et de financement des laboratoires de la part des autorités et l’absence de laboratoires dans certaines universités pour pratiquer la recherche. Le Sénégal compte sept universités publiques. Trois d’entre elles n’ont pas de laboratoire de recherche. Et parmi celles qui en ont, l’UCAD compte le plus de labos avec 138 et l’UGB 27. Le nombre de laboratoires universitaires est au total de 174; ce qui est trop peu pour un pays comme le Sénégal, qui aspire au développement.

En effet, la recherche universitaire via les laboratoires rencontre plusieurs difficultés et les conséquences sont le manque de productivité dans la recherche et le renoncement d’une partie des enseignants-chercheurs. De plus, même s’il y a des laboratoires dans certaines universités comme l’Ucad, la visibilité et la production de résultats de ces laboratoires ne se font pas sentir. Comment pouvons-nous vulgariser les sciences sans investir dans la recherche ? Comment promouvoir la recherche sans laboratoires suffisants ou inexistants dans certaines universités ou UFR? Autant de question qui méritent des éclaircissements. La courbe de laboratoires par UFR de l’Université de Ziguinchor ci-dessous est un exemple parlant.

L’université ne peut pas être conçue pour promouvoir la recherche alors qu’il existe des établissements d’enseignement supérieur qui n’ont qu’un seul laboratoire de recherche, voire aucun. L’université de Thiès par exemple n’en compte qu’un, et ce dernier a des activités qui ne riment pas avec la vocation de l’établissement. Quant à l’université de Bambey, elle n’en a tout simplement pas. La figure ci-dessous présente la répartition des laboratoires au niveau des universités publiques du Sénégal.

Dès lors, l’université sénégalaise est actuellement dans une situation décisive, face au développement de la technologie, de la science et même de la recherche. Donc, il convient au ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, de prendre des mesures stratégiques et opérationnelles idoines pour une promotion de la recherche. Cela constituera une source de motivation non seulement pour les enseignants-chercheurs, mais aussi pour les étudiants. De plus, cela favorisera l’augmentation des laboratoires au niveau des universités et facilitera la visibilité de la recherche avec l’ensemble de la communauté scientifique ainsi que le monde entier.

Mamadou Mballo MANÉ, Etudiant Ucad.

  Stagiaire à DEFAR-SCI sur le programme LiLaSen.

 

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