École sénégalaise : Observations sur les résultats des baccalauréats de 2012 à 2016

École sénégalaise : Observations sur les résultats des baccalauréats de 2012 à 2016

Introduction

    Un moyen d’évaluer la situation de l’éducation d’un pays serait d’étudier les résultats aux différents examens nationaux. Toujours dans notre perspective d’observation et de critique du système éducatif au Sénégal, nous nous pencherons sur les résultats des baccalauréats de 2012 à 2016. Pour cela, nous essaierons de faire une traduction de données tirées de rapports de l’office du bac. Cette traduction se fera en deux étapes :

  • D’abord, sous forme visuelle, sur la carte du Sénégal. Cette traduction est réalisée à l’aide de Python avec les bibliothèques Geopandas et Matplotlib entre autres et de GeoJson;
  • Puis, par l’explication des cartes obtenues et observations de certains phénomènes.

I. Visualisation de données des baccalauréats de 2012 à 2016

I.A. Contexte
    Le choix d’une visualisation sur carte explique la tranche d’année d’étude choisie. En effet, suite à la réforme de la décentralisation de 2012, le Sénégal est passé de 12 à 14 régions. De plus, le dernier rapport de l’office du bac mis à disposition dans leur site est celui de 2016. Voulant faire la comparaison des différentes cartes obtenues, nos observations se baseront sur les résultats de 2012 à 2016.

I.B. Cartes

Image animée 1 Résultats des baccalauréats au Sénégal de 2012 à 2016 – Pourcentages de réussite de chaque région par rapport au reste du pays
Image animée 2 Nombre de candidats aux baccalauréats du Sénégal de 2012 à 2016 – Pourcentages de candidats dans chaque région par rapport au reste du pays
Image animée 3 Résultats des baccalauréats au Sénégal de 2012 à 2016 – Pourcentages de réussite propre à chaque région

II. Explications des cartes et observations

    Ces cartes représentent les résultats aux baccalauréats de 2012 à 2016. La première animation (image animée 1) représente le pourcentage de réussite par région par rapport au pays; la troisième (image animée 3), celui propre à chaque région. La représentation en couleur des intervalles va de la plus claire, pour les plus faibles pourcentages, à la plus foncée pour les plus forts.

    La première carte montre que Dakar aurait le plus fort taux de réussite du pays (38,32% en 2012 et 33,23% en 2016) qui contraste fortement avec celui des autres régions (17,19%, en 2016, pour Thiès qui vient en second; tout le reste étant à moins de 10%). Cependant, un tel écart pourrait aisément s’expliquer par la concentration d’une plus grande partie des candidats (qui se sont présentés) à Dakar – cf. image animée 2. En 2016 par exemple, nous sommes à 29,47% pour Dakar contre 15,42% pour Thiès et 10,34% pour Ziguinchor; le reste, à moins de 10%.

    Lorsque nous étudions la troisième carte, celle représentant le taux de réussite propre à chaque région, nous nous rendons compte que Dakar ne détient pas le meilleur taux. Entre 2012 et 2016, Matam détient le plus souvent le plus fort taux de réussite.

    Un autre phénomène est à remarquer, toujours en rapport avec la démographie. La comparaison des chiffres, entre 2012 et 2016, montre une augmentation considérable du nombre de candidats comparé au nombre de bacheliers. Nous observons par exemple :

  • Dakar : 12966 admis pour 32371 bacheliers en 2012 contre 18134 admis pour 44066 en 2016,
  • Saint-Louis : 2199 admis pour 5457 bacheliers en 2012 contre 3644 admis pour 10817 en 2016 (soit un millier et quelques de bacheliers en plus pour le double du nombre de candidats de 2012).
Image 1 Evolution des nombres de bacheliers et de candidats entre 2012-2016

    Ces données étayent un des points cités lors de notre précédent article, à savoir les taux de réussite en large baisse, comparés au nombre de candidats en pleine augmentation. Ce fait est d’ailleurs signalé par Abdou Sylla dans son ouvrage   L’École : quelle réforme?,

Abdou Sylla (1992) :  L’École : quelle réforme ?

en plus de l’autre point également signalé dans l’article précédent : croissance du pourcentage de scolarisation en large avance par rapport à la mise à disposition d’infrastructures nécessaires.

En effet, il souligne que <<la croissance démographique étant forte et rapide (3,2 % selon la Banque Mondiale), les populations scolarisable et scolaire s’en trouvent constamment accrues, et les besoins en éducation croissent proportionnellement alors que dans le système scolaire, les effectifs de tous les cycles, trop nombreux, dépassent de loin tous les moyens disponibles (infrastructures. équipements et personnels).>>

Bien que le livre date de 1992, les faits sont toujours d’actualité.

Conclusion

    La traduction des données obtenues nous ont permis d’observer une très forte concentration des candidats (des bacheliers également) à Dakar biaisant le rapport de réussite par rapport aux autres régions. Par contre, les taux de réussite propre à chaque région ne présentent plus ou moins pas de grosses différences.

    Au vu de ces observations, une étude plus poussée de comparaison entre la démographie et différents indicateurs de l’éducation pourrait, peut-être, permettre de détecter certaines causes aux mauvais résultats. Elle pourrait également permettre de répondre à des questions telles que :

  • quel serait l’impact réel de la démographie sur les performances des élèves? (Dakar serait un cas d’étude intéressant, du fait de son engorgement)
  • l’État est-il assez réactif face à cette situation?

 

 Ahmadou Moustapha BEYE

Stagiaire DEFAR Sci
Analyse et traitement de données

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